09 novembre 2006

Main basse sur la Ville (Le mani sulla città) (1963) de Francesco Rosi

lemanisullacitta_1_Napoli, ou l'éternelle collusion entre politicards et hommes d'affaires véreux. Sur des airs jazzy pimpants sortis tout droit d'un polar, Rosi mène l'enquête et expose et démonte tous les rouages du système politique local.

Suite à un "accident" - l'un des promoteurs (Rod Steiger en Nottola, berlusconien avant l'âge) de la ville ayant volontairement écroulé une maison dans un ghetto pour accélérer la construction d'un nouveau complexe -, une commission d'enquête municipale est nommée pour établir toute la vérité sur cette affaire: l'on suit nos enquêteurs (issus de la droite, du centre et d'extrême gauche (Excellent Carlo Fermariello en De Vita) dans les diverses administrations, pendant qu'en coulisses se trame des accords pas très clairs entre Nottola02_c_1_ et le maire: alliances, conciliabules, intérêts personnels, opportunisme politique, responsabilité des candidats devant les citoyens, morale et politique... Rosi dresse un tableau relativement complet et très plaisant à suivre des dessous des cartes et des tractactions politico-économiques; si la majorité des personnes élues se fout de la gueule du monde, il en demeure encore une poignée fidèles à leurs convictions; ces derniers se demandent d'ailleurs s'ils ne feraient pas mieux de quitter le navire, finissant par rester pour ne pas laisser tout le gâteau aux rats: "Le seul pêché en politique, comme le rappelle celui qui sfilm20_1_era le futur maire à l'un de ses conseillers dégouté des tractations de couloirs, étant de perdre...".

Lors de l'ultime scène au conseil municipal (énorme sens de la mise en scène, Rosi nous faisant vivre de l'intérieur des débats qui semblent authentiques), on pense que la morale sera finalement sauve, mais c'est pour mieux nous apercevoir au plan suivant que malgré une certaine prise de conscience (des élus et des citoyens) de l'immoralité de certains candidats qui ne cherchent que l'enrichissement personnel, les gens au pouvoir s'arrangent toujours pour y rester  et obtiennent toujours ce qu'ils veulent. C'est po vraiment nouveau, mais ça mange po de pain de le rappeler.

A quand un film similaire sur Shanghai (démolition, expulsion, corruption, le trio magique étant réuni)? Ah ma bonne dame... Que branle Wong Kar Wei lui qui célèbre les films engagés des autres...?

Posté par Shangols à 18:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Main basse sur la Ville (Le mani sulla città) (1963) de Francesco Rosi

    "C'est po vraiment nouveau, mais ça mange po de pain de le rappeler."

    Il se trouve que, si le propos en lui-même n'est effectivement guère nouveau, le film, dans son audace, était bel et bien inédit à l'époque. Une audace que Rosi semble avoir cultivée depuis ses débuts : assistant réalisateur de Visconti sur LA TERRE TREMBLE, réalisateur débutant et déjà primé et admiré par Huston et d'autres du DEFI. Une oeuvre qu'il me tarde de découvrir davantage. Le problème, c'est qu'elle est incroyablement rare, difficile à dénicher aujourd'hui...

    Posté par Gus, 06 juin 2010 à 00:06 | | Répondre
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