reds_25th_dvd_1_Bon, je sais, ça peut ressembler un peu à du cinéma de papa, la fresque faite pour l'Oscar... Mais bon 25 ans après, le film tient relativement la route, c'est tout de même pas tous les jours que les Américains parlent d'un communiste...

Beatty a voulu mêler interviews de témoins d'époque, vie de couple et engagement politique... Au début on se dit, ouh là là ça risque d'être poussif sur 3h15 - ah oui c'est long... Et puis en fait on s'y fait, car il a le bon goût de couper court aux discours politiques au moment opportun, semblant toujours plus s'intéresser aux états d'âmes de ses deux personnages principaux... Diane Keaton - Louise Bryant - a peur dès le départ de jouer les faire-falloir de cette figure haute-en-couleur (rouge surtout) et semble toujours à la limite de renoncer. Elle va d'ailleurs montrer quelques fêlures lors notamment de son histoire d'amour/ sa passade avec l'écrivain Eugène O'Neil - Nicholson, ultra soft et brillant - mais on revient toujours à ses croquettes Friskies. Et quand elle craquera pour de bon en partant en 17 à Paris, c'est le Warren Beatty (John Reed donc, seul américain à être enterré au Kremlin...) qui viendra la chercher. Ils partiront d'ailleurs ensemble pour la Russie sous l'impulsion de celui-ci et assisteront à la prise de pouvoir par les Bolchéviques (Octobre 17 -un peu d'histoire voyons)- derrière ce moment historique se cache d'ailleurs la meilleure partie du film où leur amour et au diapason de leur engagement personnel. Le retour aux States sera plus cahotique et l'engagement politique de Reed les séparera à nouveau... Ensuite on tombe un peu dans le patho genre Michel Strogoff, avec prison en Finlande pour lui, parcours du combattant pour elle partie à sa recherche dans les neiges17774a_1_ finlandaises et la grande scène de retrouvailles -travelling de 3 km- avec moultes violons sur le quai d'une gare - bon, là on est dans de l'Hollywood version gros sabot, on y échappe po. Mais malgré tout Beatty a su nous montrer en détails tous les petits déboires de ce couple, les doutes, les difficultés et leur solidarité, de Portland à des bleds américains (me rappelle pu déjà..) en passant par Greenwich Village avant une ultime escale en Russie, sans sacrifier au portrait d'un homme de convictions qui ne renoncera jamais à ses idéaux, quelque soient les circonstances, son entourage et les pressions. C'est déjà pas si mal. Red is not dead.