ihf_1905_83403925_1_Pas forcément très facile à suivre que cette histoire d'Ukrainiens bolchéviques qui après 4 ans dans les tranchées de la première guerre mondiale se révoltent face aux troupes nationalistes contre-révolutionnaires à Kiev.

Beaucoup d'images ont tendance à se téléscoper sans vraiment suivre de schéma narratif précis (la première réflexion qu'on se fait c'est "tiens, j'ai dû m'endormir" puis ensuite "ah non, il doit m'en manquer des bouts" avant de soupirer "j'suis con c'est un film russe d'avant garde de 1928") mais plusieurs scènes font leur effet comme on dit; paradoxalement pour un film "rouge" l'on sent une certaine distance vis-à-vis du sens du sacrifice, Dovzhenko ayant tendance à nous montrer toute l'absurdité de la mort (Cette longue scène du soldat allemand qui succombe après une attaque au gaz hilarant, ces mains qui sortent de terre en hommage à Roméro (c'est de l'Avant-Garde, toujours en avance), ce massacre de corps enchevêtrés dans la carcasse d'un train -symbole des temps modernes- qui s'est fracassé), même si la dernière image nous montre un leader bolchévique -après que l'Arsenal a été prise d'assaut par les forces ennemis- toujours debout après une demi-douzaine de balles et ouvrant sa chemise pour montrer, primo, qu'il n'a pas de protection, secondo qu'il est indestructible, tertio que Bruce Willis, c'est lui. Quelques images fulgurantes traversent également ce montage sorti d'un cerveau halluciné  - ces figures immobiles, soldats ou mère transformés en statue de cire; cette lodovzh2_1_ngue course en charrette tirée par des chevaux dans la neige, ramenant un corps pour qu'il soit enterré; ce cheval qui se met à parler à son maître - ce dernier l'ayant battu - pour lui dire qu'il se trompe d'ennemi...

Bref, c'est pas forcément du nougat pour faire toujours le lien (en plus, le Russe ou L'Ukrainien, c'est pas facile de faire la différence, même à la forme de leur chapeau ridicule) et mieux vaut être prévenu que l'on assiste à une vision qui s'impose par l'éclatement de sa narration. Voilà, je mérite mon Carambar.