dx3_1_Excellente comédie italienne ou tragédie sicilienne?

Il y a des deux dans cet excellent film de Pietro qui met en scène la sublissima Stefania Sandrelli (mamma mia!), séduite et abandonnée, dans le rôle-titre. La Sicile, son machisme, ses lumières ultra-blanches, son hypocrisie (si l'on peut tout pardonner aux hommes, rien n'est pardonnable aux femmes), sa loi du silence, son sens du scandale, l'honneur de la famiglia... tout est passé à la moulinedx1_1_tte dans un bouquet de cris, d'accusations, de réglements de compte, de déchirements, et l'amour dans tout ça!!!!!!! Pietro Germi mène tambour battant son histoire, ses personnages hauts en couleur et en colère (mention très spéciale pour Saro Urzi, le père de la jeune fille abusée, dans un numéro tonitruant), mais derrière son sens de la comédie affleure peu à peu une critique de cette mentalité de village (On est jamais loin du Moulin de Pologne de Giono) et la fin des plus dramatiques permet de mettre en perspective dx4_1_son intrigue; on peut en rire (le personnage de grand benêt joué par le fils remplit son rôle à la perfection), certes, n'empêche qu'il y a aussi une certaine tristesse qui se dégage dans le combat de cette femme dont personne ne demande jamais l'avis et que l'on utilise pour sauvegarder les apparences - seules les prostituées ont le droit d'être séductrices, les autres sont là pour obéir d'abord à leur père puis à leur mari avant de rester a la casa.

Rien de bien original là-dedans me direz-vous, mais le ton du récit de Germi, lui, l'est parfaitement, parvenant à lier le plaisir (la comedia) et la triste réalité (la... tragedia?). Po mal.