sjff_01_img011_1_Déjà un type qui se fait tirer son vélo, cela provoque en moi un ravage lacrymal, alors un vieux qui cherche son chien puis qui essaie de l'abandonner, forcément, c'était aller  au carnage. Mais je fus stoïque, levant la tête plusieurs fois pour faire rentrer les larmes à l'intérieur, et jetant un coup d'oeil sur Proutouie à chaque envolée de violons pour me dire "putain, c'est du cinéma, c'est du cinéma"!!! J'avais beau avoir vu de longs extraits de ce film dans l'analyse de Scorsese sur le cinéma italien, De Sica m'a tout de même encore cueilli.

Certes il y a ces passages plus cruels que Sarko au naturel, où Umberto tente de se suicider en se jetant de la fenêtre avant qu'un regaumbertodmananddog_1_rd sur son chien Flicke le sauve; cette scène terrible aussi de nouvelle tentative de suicide "à deux" sous un train avec le chien qui s'échappe au dernier moment; la séquence où Flicke mendie en tenant le chapeau pendant qu'Umberto se cache derrière des colonnes ou encore l'épreuve atroce du chenil sur lequel j'ai failli perdre mes deux lentilles... enfin bon toutes ces scènes ultra-classiques et anthologiques. Il ne faudrait pas oublier pour autant Maria-Pia Casilio dans le rôle de la jeune servante qui apporte une énergie et une fraîcheur pour contrebalancer cette histoire qui pourrait être triste à mourir (Elle l'est mais De Sica - à part ces saloupiots de violons - trouve toujours la distance nécessaire pour ne pas tomber dans le pathos). Il y a aussi ces multiples discussions avec des "amis" pour leur soutirer deux-trois billets qui finissent toujours en queue de poissons, ces personnes5_1_ ayant toujours un prétexte pour s'échapper et pour éviter de voir la réalité en face; la seule personne généreuse se révélant être au final un clochard. Le retour de Umberto D. dans son appartement en travaux, complétement éventré, illustre quant à lui parfaitement l'écroulement de son monde intérieur - plus rien ne le rattache à l'existence, le chien étant sûrement le seul à garder encore de la dignité humaine.

Une magie du cinéma néo-réaliste que ce film qui vaut tous les longs et grands discours sur la pauvreté et la solitude - cela me touche d'autant plus... dans le Shanghai d'aujourd'hui où les Umberto D. et les Flicke pullulent. Mais ils n'ont même pas de chapeaux.