26 septembre 2006

Mary (2005) d'Abel Ferrara

00001598_1_Il est assez amusant de voir que si le film questionne la place de Marie-Madeleine auprès de Jesus - elle est montrée ici comme l'une des disciples les plus ferventes - et donc du rôle de la femme en général dans la Bible (et ailleurs...), le film reste concentré sur le personnage du journaliste (exceptionnel et extraordinaire Whitaker) qui ira du pêcher à la redemption en passant par les étapes successives de la désillusion, du malheur et de la foi. Film très sombre qui retrace la difficulté d'atteindre à la foi, à l'image de ces plans superbes sur les buildings de New-York, la nuit, en contre-plongée, qui s'élèvent progressivement. Juliette Binoche semble certes être "habitée" par son rôle - lorsqu'elle joue Mary (dans le film dans le film) ou lorsqu'elle décide de vivre à Jérusalem après le tournage - mais son personnage par son manque de présence à l'écran a du mal à vraiment s'imposer. Il est malgré tout intéressant de voir une nouvelle fois Ferrara s'intéresser à l'emprise que peut avoir un rôle sur une actrice, l'absence de frontière entre vie artistique et vie privée, montrant ainsi son attachement à "ses85767017_a563e5c047_m_1_ créatures" - (cela me donne envie de revoir Snake Eyes baptisé aux US Dangerous Game que m'avait fait découvrir el Bibice). Quant au réalisateur (Mathew Modine, en tête à claques), il semblerait qu'il s'agisse d'un mix bizarroïde entre un Mel Gibson hâbleur et un Ferrara sûr de lui. Celui-ci réalise tout de même un film beaucoup plus prenant et intéressant que celui-là, une plongée dans la chrétienté dont parlent d'ailleurs très bien les invités de l'émission de Whitaker (Leloup en particulier): Ferrara a toujours le power !

Posté par Shangols à 17:24 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Mary (2005) d'Abel Ferrara

    Forest gomme

    Si je suis d'accord dans l'ensemble pour dire que ce Ferrara est plutôt de bonne tenue, intéressant, émouvant et courageux, je m'inscris en faux concernant le jeu de Whitaker : je l'ai trouvé incroyablement cabot (notamment dans le gros plan de "révélation" que mon collègue a mis en photo), bien loin du cabotisme légendaire et pourtant autre de Keitel dans d'autres Ferrara. Mais je ne peux qu'encourager Shang à se retaper effectivement le chef-d'oeuvre qu'est Bodysnatchers.

    Posté par Gols, 27 septembre 2006 à 13:29 | | Répondre
  • Behind the tree

    S'il perd un peu son sang froid de samourai dans cette ultime séquence, quelle présence tout de même notamment lors des scènes d'interviews - allez je te donne un gage: répète ta critique en face de lui. Si tu te retrouves emmêlé comme un saxophone, faudra po de plaindre.

    Posté par Shang, 28 septembre 2006 à 07:17 | | Répondre
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