temps_qui_reste_1_Si Ozon s'est fait un nom avec des films plus olé olé, Le temps qui reste, dans la veine de Sous le Sable, sera l'un des films pour lequel il sera considéré comme un grand cinéaste. Tout en retenue et en pudeur ce portrait d'un jeune homme qui apprend qu'il va bientôt mourir (Melvil Poupaud plus extraordinaire que jamais) évite tous les pièges du genre.

Les scène de famille sont sûrement les plus attachantes, aussi bien avec son père (Duval, royal), qu'avec sa soeur (les scènes du réglement de compte et de la réconciliation sont d'une sincérité terrible) ou avec sa grand-mère (Jeanne Moreau au sommet de son art, qui aura marqué de son empreinte tous les styles de son temps). L'ultime scène de séparation entre les deux mourants est déchirante - ce petit bouquet de fleurs que Melvil étreint nous rappelant à notre502145_1_ petite condition d'homme.

Ozon réussit tout ce qu'il entreprend - magnifique scène de séparation avec son amant faite de non-dit - et il parvient même à nous faire croire à cette abracadabrante scène de triolisme où Melvil s'engage à faire un enfant à un couple qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam. Son propre personnage-enfant qu'il revoit dans le miroir ou lors de courtes séquences est également parfaitement amené: légèreté, tendresse, enfantillages, il parvient à résumer toute une vie à partir de brefs instants et cela est grand. Tant qu'il y aura des Ozon, la qualité du cinéma français demeurera.