crustaces_et_coquillages_2_1_Voilà un petit peu de vent frais dans le cinéma français et ça fait ben plaisir car il faut bien avouer que ce film est emballant... Très joli couple que celui formé par Valeria Bruni Tedeschi et Gilbert Melki, deux acteurs qui sont la perfection même (Gilbert c'est quand tu veux. Pour une partie de ping-pong ou un apéro, s'entend. Valéria, toi, c'est quand tu veux...) Couple certes assez olé olé : Valéria a un amant déclaré qui la suit même en vacances (via un téléphone portable chaud bouillant); il s'immisce jusqu'à chez elle la nuit -dans les fourrées du jardin, nu, ou dans la douche-; quant à Gilbert, il refoule assez mal son homosexual1604280304_1_ité qu'il finira par consummer dans les bras de son ex-amour de jeunesse: en guest star Jean-Marc Barr beaucoup plus couillu qu'en Jacques Maillol (lol).

Un ton de liberté dans les dialogues (enfin du français oral...), dans les thèmes (Ducastel est bien l'un des seuls capables de parler de la sexualité, de l'homosexualité, du Sida avec une telle facilité et un tel naturel... ça soulage, il n'y a pas que des Mireille Dumas en France....), dans la mise en scène -de jolis travellings bien coulés, une grande aisance dans les scènes de couple et les scènes d'intérieur... Bref, bien content dans l'ensemble. You were right Jeremie guy.   (Shang - 19/05/06)


18409724Alors là ! Je dois reconnaître que, malgré qu'on se dise le contraire, on est souvent bien d'accord avec mon collègue Shang. C'est juste qu'on n'aime pas les mêmes choses dans un film. En général, on trouve un terrain d'entente. Mais là...

Pour moi, Crustacés et Coquillages est un navet total. Je suis pourtant un fan inconditionnel de Jeanne et le Garçon formidable, que j'aime pour sa maladresse même. Ici, ce n'est plus de la maladresse, c'est du bâclage pur et dur. Aucune technique chez ce pauvre Ducastel, qui semble avoir pour référence les soirées video du retour d'Irlande de papa. Le montage est fait à la hache (je vous jure qu'il reste des bouts de plans de montages précédents, j'ai fait des arrêts sur image), le filmage à la va-comme-je-te-pousse, et la direction d'acteurs est inique. Passons sur les ombres des techniciens qui passent sur les murs, ça n'est pas si grave, c'est même presque mignon. Mais je regrette : il y a des foutages de gueule de débutant. Le film est fait visiblement sans répétitions, ce qui donne des choses du genre : Melki articule silencieusement le texte de Bruni-Tedeschi en même temps qu'elle le dit (erreur fréquente chez mes élèves de théâtre en CE2) ; les figurants ont des regards caméra ridicules (observez bien le type aux cheveux gris pendant la scène sur la terrasse du café) ; la musique, digne d'un film porno, est improvisée à l'orgue Bontempi de mon neveu de 5 ans... Jamais je n'ai vu la mer aussi mal filmée, je n'exagère pas, et Jean-Marc Barr doit effectivemenCrustaces_et_coquillages_01t regretter le misérable Grand Bleu. D'ailleurs, les acteurs, pourtant sympas d'habitude, sont totalement perdus, pas dirigés une seule seconde, ils ont l'air malheureux comme tout, et mon Dieu comme je les comprends : être lâché dans une production d'un tel flou artistique doit être terriblement difficile.

Alors, oui, je reconnais une certaine audace, voire une liberté de ton, dans le scénario. Mais à ne pas savoir s'il est en train de faire du Buñuel (pour le côté sulfureux), du Chabrol (pour la critique de la moyenne bourgeoisie) ou du Rohmer (pour les dialogues à rallonges), Ducastel finit par faire du Christian Gion. Une horreur, un massacre !   (Gols - 04/09/06)