Larry Clark, avec ce film, reste dans l'ombre de Gus Van Sant et de tous ses films sur les ados (Elephant,69217932_ph1 Last Days, Drugstore Cowboy, etc). Même si Bully ne manque pas d'intérêt, on a un peu l'impression que Clark n'arrive pas à trouver la réelle profondeur, voire la beauté de son sujet, et reste à la surface d'un scénario qui aurait pu être plus puissant. C'est tout à fait louable de ne pas tenter d'expliquer les actes de sa bande d'ados (qui commettent un meurtre quasi-gratuit sur un des leurs), mais ce film n'arrive jamais à troubler comme a pu le faire Elephant.

Tout y est pourtant : les acteurs sont tous parfaits (avec une mention à Michael Pitt, qui joue les drogués hystériques 69217932_ph4avec beaucoup de talent, de fièvre et de compréhension du sujet...), et forment une bande très homogène. C'est encore une fois la preuve du talent de Clark pour les castings et la direction d'acteurs. Le film est tendu, surprenant dans sa mise en scène (qui est déjà un peu datée toutefois), nerveux et rapide. Il y a quelques ellipses, surtout dans la présentation des personnages au début du film, qui sont bluffantes et audacieuses. Clark ne prend pas le temps de présenter les protagonistes, il nous plonge directement dans l'histoire, et dévoile les psychologies petit à69217932_ph3 petit. Très fin. Le reste est très bien tenu, musique, lumières, progression du scénar ; la scène centrale (le meurtre) est vraiment parfaitement rythmée et filmée. Mais voilà, on a un peu l'impression d'avoir assisté à un exposé sans théorie, qui ne serait qu'une suite d'exemples (voyez ce que je veux dire ?). L'anecdote ne suffit pas à déclencher la réflexion, il y faut sûrement un peu plus de discours, ou plutôt d'esthétique (au sens moral, et donc artistique, du terme).

Clark est un grand cinéaste... vide. Pourquoi pas ?