swords10_1_Il y a une certaine tendance du cinéma asitiatique ces derniers temps qui me fait froid dans le dos: plus le film se veut pan-asiatique (mélange d'acteurs Coréens, Chinois, Hong-Kongais (Chinois donc me diraient mes étudiants, oui c'est juste pour le mauvais esprit), Japonais...), moins les personnages sont travaillés: de l'horrible Promise de Chen Kaige à ce Tsui Hark (en passant par Wong Kar Wei, qui, lui, s'en sort dans 2046 mais on lui pardonne tout), on a droit à un patchwork d'acteurs, une grande famille de cinéma... virtuel. Le plus grave d'ailleurs dans tout ça  étant qu'ils semblent plus avoir été choisis pour faire partie d'un boys' band que pour faire un film. Rarement vu une distribution aussi molle de la guibole! Du même coup, on ne s'intéresse jamais vraiment à l'un4_large_1_ des quelconques 7 mercenaires (juste une petite anecdote à deux Kwais avant le combat final pour les passer en revue), comme si Tsui Hark au final n'en avait pas grand chose à battre - il a d'autres têtes à sabrer. Certes, il reste l'un des maîtres (peut-être même LE maître) pour filmer des combats, toujours parfaitement lisibles, sans avoir à démultiplier les angles et les cadres au montage tant il a le sens des chorégraphies et de la mise en scène - le combat final où le gentil aux cheveux longs et le méchant chauve (ça leur apprendra) se donne des coups de sabres de furieux, coincés en hauteur entre deux murs espacés d'à peine un mètre est un vrai bonheur.

Mais alors entre la deuxième bataille et la dernière il y a bien une heure et quart où il ne se passe vraiment que dalle: des dialogues roploplo ("Bois le sang de ton ennemi, ainsi tu n'auras plus peur de lui" - mouais, po sûr que ça marche en plus), des histoires d'amour aussi niaises que des clips MTV Asie (pire que MTV reste du monde) et surtout aucune volonté de vraiment chercher à fouiller en profondeur les motivations, les swords17_1_personnalités, les faiblesses de chacun des protagonistes... Leurs sabres, sur lesquels on s'attarde deux minutes, paraissent avoir plus de caractère que les personnages, c'est un peu le comble (d'où le titre me direz-vous.) La fin quant à elle sent la suite à 3 km à la ronde comme si Tsui Hark était d'ores et déjà confiant en le succés d'une saga (pas de nouvelles depuis...). 2h20 emmenées sur une musique tonitruante du Japonais (chacun a son bout de gras) Kenji Kawai, aussi efficace que ronflante. On est pas loin de l'ère des films à côté desquels les jeux vidéo sembleront avoir plus de profondeur. Cinéma spectacle, c'est bien beau, mais un peu d'humanité, cela ne peut pas faire de mal; ce n'est pas en proclamant "on est tous frères" et en gommant les particularismes de chaque culture, que l'on fait avancer les choses en profondeur. Ou alors c'est aussi con et superficiel qu'une chanson de Francis Lalanne.