Je crois que je n'aime définitivement pas la science-fiction. Que voulez-vous, j'ai du mal avec ces mondesavalon8 virtuels à la mords-moi-l'appendice, ces costumes dont Balavoine dernière période ne voudrait pas, ces musiques vaporeuses qui feraient passer Enya pour une grande de la country, et ces scénarios torves qui voudraient me faire redevenir un gosse de 12 ans. Avalon doit sûrement être un bon film de science-fiction, j'en suis sûr, mais voilà, ce n'est pas mon univers.

Esthétiquement, c'est l'habitude, même si le film est assez brillant techniquement : toujours les mêmes couleurs métalliques qui n'ont pas bougé depuis Blade Runner, toujours avalon4cette virtuosité à la Matrix qui fait que le cinéma s'apparente de plus en plus à une séance au Futuroscope de Poitiers, toujours ces éternelles armes de combat pas possibles et incroyablement peu maniables, et ces machines de guerre à la con qui feraient se marrer les anciens de 39. Quant à la trame elle-même, c'est un gloubi-boulga indigeste entre Enki Bilal pour le meilleur et Nikita pour le pire, tout ça sous une forme manga. D'ailleurs, je n'ai rien compris, mais là, cherchez pas, ça vient de moi (rien compris non plus à Matrix). Qu'est-ce que vous voulez, je n'arrive pas à garder mon sérieux devant ces histoires à la con, qui, elles, de leur côté, assument un sérieux total. Il y a même unavalon1 personnage qui dit sans aucune trace de rictus un truc du genre : "Je suis un Bishop et je suis le gardien de la porte des Neuf Soeurs". Seul s'en sort un basset artésien pure race qui renverse ses croquettes partout sur le parquet, dans le seul plan un peu simple du film. Tous les autres plans sont extrêmement laborieusement contrôlés, travaillés, ripolinés, fashionisés, et vidés de toute trace d'émotion ou de goût personnel. Pourquoi faire simple quand on peut en foutre plein les mirettes au pauvre spectateur ?

Tout ce que je peux dire de positif sur cette merdouille crâneuse et boursouflée est qu'elle est tournée en langue polonaise, ce qui est très joli. Et que ça donne envie de revoir ExistenZ de Cronenberg, qui, lui, est un vrai grand film sur le virtuel et ses conséquences.