godSybillin, c'est le bon terme : il fut employé récemment par mon ami Shang dans une critique de Godard, et c'est bien le bon terme. 2 ou 3 choses... est donc sybillin, en ce sens qu'il m'a en grande partie échappé. Je sais pas, pas l'esprit à ça peut-être, mais vous connaissez les vidéo-clubs, il faut rendre le film, alors on le regarde.

A priori, JLG veut nous parler effectivement de 3 choses : 1 ) la banlieue parisienne, qu'il voit comme une immense friche en travaux perpétuels, comme une zone "warholienne" constituée d'industries, de bruits et de voitures. 2) Marina Vlady, qui était franchement à mourir à l'époque. C'est l'habituel portrait de femme de Godard, très réussi comme d'habitude, où le personnage est décrit par ses gestes, ses regards, sa place sociale (ici, une prostituée à mi-temps). 3) le langage, et son aspect politique. Le Vietnam est très présent, ainsi que la politique américaine, la société de consommation, les rapports de domination du monde et le marxisme.

L'inconvénient, c'est que le film est très brumeux, enchaînant des images un peu plates (désolé de le constater, mais bon) à des plans fixes mystérieusement cadrés. Il est aussi malheureusement dénué d'humour, cegodard qui rend cet essai un peu trop solennel. Ca sent le collage inhérent aux années 60, une esthétique pop-art qui touche parfois mais qui file trop souvent entre les doigts. A noter quand même qu'en Marina Vlady, JLG semble enfin avoir trouvé une actrice qui comprend ce qu'elle dit (ce qui n'était pas le cas avec Karina et Bardot). L'actrice est très bien, loin des héroïnes godardiennes habituelles. Bon, parfois le texte de Godard, sussuré à la limite de l'audible par le maître lui-même, est souvent très beau, et il y a quelques plans où on retrouve la poésie du gars (un rayon de soleil sur une voiture, une actrice qui sourit, un enfant qui joue avec un fusil). Mais je me suis quand même plus ou moins ennuyé. Voilà. Pour plus d'intelligence dans les articles, consultez les Cahiers.

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