cocteauMusique de Georges Auric, compagnon de route d'Henri-Pierre Roché, adapté par Truffaut qui a produit le dernier Cocteau. Ca tourne rond tout ça.

Ca débute (je sais pas si vous l'avez vu ?) comme le dernier spectacle, Xitation, de Fabrice Andrivon, un pote: un dessin s'imprime sur une glace. Est-ce consciemment ou inconsciemment ami Gols ?

Que croise-t-on dans cet univers réaliste teinté de surréalisme, : tout comme chez Bunuel, il s'en passe de drôle dans une main, sauf que là une bouche apparaît permettant au héros de réaliser quelques fantasmes ; scène particulièrement culottée et érotique pour l'époque qui a gardé toutes sa magie. D'autres univers tels que cet hôtel à géométrie variable où les petites filles battues sont en apesanteur en se collant au plafond sous le regard-voyeur d'un héros passé de l'autre côté du miroir. Si les "miroirs devraient réfléchir plus longtemps avant de renvoyer les images", le film donne à voir plus d'un reflet defilm_pic01_1_ l'esprit du poète : ces deux jeunes éphèbes (ce sublime noir habillé en ange descendant les escaliers, transcendant ! (était pas un peu gay Cocteau ?)), ces deux séquences de suicide, pistolet sur la tempe (était pas toujours gai Cocteau), ces femmes dans lesquelles il y a toujours une statue ou une Catherine Deneuve qui s'ignore, cette scène de boules de neige qui fait automatiquement penser à celle des Enfants Terribles - on y retrouve pratiquement, de mémoire, les mêmes cadres et les mêmes évenements -, ces spectateurs au théâtre figés sur leur balcon comme ne pouvant participer aux spectacles du monde [minuit l'orage éclate enfin sur Shanghai, j'ai bien fait de sortir le chien, Dieu soit loué.]

"L'ennui immortel des choses mortelles" - alors oui, le rythme est assez lent - po Tarantino, Cocteau, c'est clair - mais 76 ans plus tard le film a gardé une aura, un charme - même s'il garde ancré en lui une certaine noirceur - dans lesquels il est bon de se perdre. Un film poétique quoi.