040603_05Rien n'y fait : malgré le remontage effectué par Ozon en 2001, Les Amants Criminels est très très mauvais. C'est pas très grave, puisque c'est en fin de compte le seul mauvais film d'Ozon, mais quand même : se planter à ce point quand on réussit si bien d'habitude, ça relève de l'exploit.

Tout est lourd et ridicule. La direction d'acteurs est très floue, avec des erreurs de débutants. Regnier et Renier ne sont jamais crédibles, lui en homo qui s'ignore, puceau influençable et anti-romantique, elle en allumeuse rimbaldienne, écorchée vive et manipulatrice. Tous les deux regardent le film se faire, sans le comprendre (comme nous), dépassés par les délires prétentieux d'Ozon. Le seul immense acteur là-dedans est le prof de français du début, mais il faut dire que c'est MON prof de français, Bernard Maume, celui qui m'a tout appris. Bernard, mes hommages en passant.

Le scénario aussi est plombé à mort : une symbolique naïve et beaucoup trop marquée, à travers laquelle2052bb Ozon ne retient que les clichés du conte pour enfants (la grosse clé, le rêve, la forêt profonde, les piti zoizo...). Pourtant, imaginer un scénar de Walt Disney filmé par le réalisateur de Sitcom ou de Gouttes d'eau sur Pierres Brûlantes, sur le papier, c'est excitant. Mais là, c'est juste lourdosse, bâclé, faussement provocateur, cousu de fil blanc, ennuyeux et grotesque. On voit bien qu'Ozon essaye de nous balancer les théories de Bettelheim sur les résonnances psychologiques des contes pour enfants (l'ogre en tant que révélateur, les occurences sexuelles des aventures des héros, la mort comme base de l'histoire, l'importance de la nature, etc...), mais il aurait fallu des outils un peu plus subtils pour bâtir ce fond honorable. Bref, c'est interminable, ni fait ni à faire, c'est bien triste et bien ridicule. Rendez-nous Ozon !