p4Voilà un film qu'on pourrait traiter facilement de "passable". Malheureusement, quand on se souvient de la filmographie de Friedkin (French Connection, L'Exorciste ou To Love and die in L.A.), on est en droit d'attendre un peu plus que du passable. The Hunted n'est pas inique : une nouvelle fois, Friedkin y fait montre d'un réel talent pour les scènes de corps à corps, et je ne vois qu'un John Woo pour arriver à mettre au point une scène aussi belle que la bagarre finale. J'ajoute que Friedkin continue à diriger ses acteurs dans ces scènes-là, ce qui est énorme : Tommy Lee Jones joue très bien pendant les mufflées. Le film a un rythme indéniable, et suit une histoire simplissime avec modestie et clarté, sans s'écarter de son droit chemin. Ce qui est risible, c'est que le scénario se targue d'aller un peb00009rdg9.01.lzzzzzzzu plus loin que ça, et tente de nous balancer un vague message sur les dangers collatéraux et psychologiques de la guerre, voire de nous pondre une variation sur le mythe de Frankenstein, Abraham, enfin une de ces créatures qui échappent à leur Dieu. De cela, Friedkin s'en tamponne le coquillard, et délaisse vite ces prétentions modernistes pour se concentrer sur l'action pure. Et il fait bien, le bougre, tant ce sujet, archi-usé, est sans intérêt en l'occurence. En fait, The Hunted pourrait être un remake de Rambo (film sous-estimé à mon avis), à part que l'action ici se déplace de la forêt à la ville, et non l'inverse.

A part ça, il y a des choses très drôles : Tommy qui répare la patte d'un loup avec une racine qu'il mâchouille (je suis en plein Gévaudan, je sais de quoi je parle), ou qui repère avec un air finaud des traces de pas que Steevy Wonder lui-même aurait vu. Entre drôle et ridicule, la frontière est mince, et est souvent franchie quant à la crédibilité de l'ensemble. pas grave : il y a là-dedans de vrais morceaux de brutalité pure, et un vrai sens du tempo. Pas assez pour faire un film, mais ça ira pour aujourd'hui. D'autant qu'il y a une jolie chanson de Johnny Cash à la fin.