keane_1_Ce film repose entièrement sur les épaules de notre ami Damian Lewis qui joue la folie douce avec un naturel qui ferait passer Seymour Hoffman pour un dromadaire. Pendant une heure trente la caméra reste sur ses basques (et son interprétation est telle qu'on oublie la présence de cette dernière, et ça c'est grand) et on partage son angoisse qui n'est peut-être qu'une affabulation de son cerveau: n'ayant de cesse de se parler à 18427153_1_lui-même, consommant au détour du chemin 2 grammes de coke et se faisant dans les toilettes une fille rencontrée en boîte (pas un bon coup le Keane) on se demande si sa fille a vraiment été enlevée... L'histoire rebondit lorsqu'il fait la connaissance d'une femme dans l'hôtel où il est depuis quelques temps; elle a une petite fille et il va peu à peu transférer sur elle son affection. Suspicieux, lâchant quelques regards en coin, paranoïaque, il parvient malgré tout à gagner le coeur de la petite fille avec laquelle il fait quelques tours de patinoire et à l'emmener dans son délire. Une histoire simple, qui, si elle n'est pas bouleversante, reste relativement attachante. C'est mon feeling, maintenant...