miSoyons franc : ce film ressemble plus à une version "jeu vidéo" qu'à du cinéma, le Cruise multipliant les missions (3) pas gagnées d'avance (1- L'usine désaffectée, 2- Le Vatican, 3- Shanghai) mais comme il a plusieurs vies, il s'en sort pas mal à chaque fois. Abrams fait dans l'abattage de folie dams les scènes d'action (beaucoup plus de plans que chez Bela Tarr, par exemple), abusant des gros plans comme jamais ("mes acteurs sont super beaux"... ou alors je smi_iiiuis peut-être de mauvaise foi vu que j'étais au premier rang... à Hong-Kong, la classe (!)). Abrams a aucun style (contrairement à De Palma et Woo qui avaient su tout de même imprimer leur empreinte) reprenant le coup des masques (déjà vu, pouah...), n'utilisant pour toutes ressources scénaristiques qu'une fausse piste (ah c'était pas lui le méchant!!!), tombant bien souvent dans la photo de voyage avec plus d'action certes...

Bref, plutôt que de parler dans le vide, faisons dans le trivial, le film ayant peu d'intérêt. Tout d'abord, on a de très belles vues sur Pudong à Shanghai, juste en face de chez moi, et ça fait ben plaisir. Ensuite, le méchant se cache (d'après le plan) Wu Song Lu ce qui est la rue de l'Alliance Française, mais je veux pas donner de noms. Enfin, on ne voit pas Wu Song Lu mais... un petit village des alentours de Shanghai qui doit être Zhouzhuang que nous avons visité ensemble cher compère marvejolais. Je dis bien "doit être" car tous ces villages avec canaux et petits ponts se ressemblent, mais bon, pour le symbole on va dire que c'est là... Que rajouter d'autre, vu que quoiqu'il advienne cela va faire un carton...   (Shang - 06/05/06)


18606335J'en étais sûr. Je savais que Tom Cruise était un idiot. Je savais que, producteur des deux premiers Mission Impossible, il n'avait rien compris à ces films. Je savais que les grandes qualités des I et II étaient présentes à son insu, et que cette bêtise crasse finirait par produire un épisode médiocre, à la longue. Eh ben voilà, c'est fait.

Bon alors, Tom, si tu lis ce blog : l'épisode 1 (De Palma) était un grand film sur l'importance de l'humain dans un processus régi par des machines, une mise en abyme brillante du cinéma américain, une réflexion sans faille sur l'artisanat opposé au virtuel, un essai sur le regard, une mise en scène prodigieusement spectaculaire, intelligente, et sensible. Le 2ème épisode (Woo) était une variation amusante sur le Notorious d'Hitchcock, un grand spectacle sur la trahison, sur le couple en crise, doublé d'une leçon de mise en scène rococo, et un exemple de ce que sait faire le cinéma quand il ne se prend pas trop au sérieux.

L'épisode 3 (Abrams) est tout juste un film d'action potable. Fidèle à ce qu'il a montré dans Lost, Abrams ne186141411 sait absolument pas diriger un acteur (à part Hoffman qui est plutôt impressionnant). L'héroïne est palichonne et gavante de minauderie, on a bien envie qu'elle finisse dans d'horribles souffrances comme le promet le méchant. Cruise a tout perdu de ce qu'il avait trouvé dans les premiers films : il est beaucoup trop lisse, pose pour la galerie, croit qu'en souriant bêtement il est fatal (le pire c'est qu'il l'est, mais on est pas dans une couverture de Première, merde). Enfin, réussir à faire jouer comme un pied Jonathan Rhys-Meyers après son inoubliable composition chez Woody Allen tenait de la gageure, mission accomplie, il est nul dans ses tentatives de copier Matt Damon.

Côté mise en scène, c'est plat et creux (c'est un panini alors ?). Au début du film, Abrams trouve un truc 18614151qui l'amuse beaucoup : faire tourner 5 ou 6 fois la caméra autour d'un acteur, ça fait super. Alors, il s'arrête là, remet ça une quarantaine de fois, et hop on n'en parle plus. Ca fonctionne une seule fois, une scène d'ascenseur d'assez bon effet, où on a l'impression que l'espace est démultiplié. Le reste du temps, ça met juste la gerbe. Oui, d'accord, ça donne le vertige quand Tommy est sur les toits de Shanghai, mais bon... Les lumières sont dignes des boums de notre jeunesse, éclairées par cinq spots. Elles rendent tout blafard, pas crédible, moche. Les scènes d'action sont "illisibles", encore une fois on compense le manque d'inspiration par un montage saccadé, persuadé que la vitesse compensera la bêtise. Raté, revois John Woo, pépère.

Côté scénar enfin : après la riche idée de placer la scène la plus émotionnelle en tout début de film, le scénar lâche tout et regarde l'action se faire, sans idées, sans surprise, sans talent. Le film n'assume même pas son courage, puisque cette fameuse scène d'ouverture est démentie sur la fin. On ne fait pas un scénario sur la frustration du public. Il y a aussi une jolie idée de "MacGuffin", allez je le reconnais. Mais le reste du script laisse songeur : qu'il soit plein d'incohérences n'est pas grave, c'est le principe de la chose, et les scènes de moto du John Woo n'étaient pas plus crédibles. Mais encore faut-il avoir le talent de faire passer ces incohérences dans une mise en scène à la hauteur. Là, on ne voit que les défauts, genre comment Tommy arrive à dénicher un lance-balles-de-tennis en plein centre de Shanghai en 3 minutes (il en faut au18614142_vign2 moins 7 pour trouver une bouteille de Suntory, je sais de quoi je parle)...

Le seul intérêt en fin de compte, c'est qu'on aperçoit Proutouie à un moment, quand Cruise est sur le toit du grand immeuble. Enfin, je crois. D'accord avec mon camarade de jeu sur l'ensemble, je reconnais malgré tout que je ne me suis pas ennuyé. Mais un bon film n'est pas un film où l'on ne s'ennuie pas. Je propose qu'on redevienne sérieux, et que l'épisode 4 soit réalisé par Olivier Assayas. Non ?   (Gols - 06/05/06)