27 avril 2006

Profession : reporter (1975) de Michelangelo Antonioni

profession16_1_1Un film où il fait bon se perdre pendant 2 heures, jusqu'au plan-séquence final de toute beauté... Enigmatique... oui... mais comme dirait mon ami Bibice "Et la vie, elle est comment, hein?... bon!".

David Locke (Jack Nicholson dans sûrement l'un de ses plus grands rôles) en a ras le bol de sa vie de reporter, frustré par les gens qu'il rencontre, les infos qu'il glane après 12 h de marche dans le désert et quand son 4x4 s'enlise il lache un cri de desespoir ("Mais y a personne là-haut, y a personne..." comme dirait le Gégé dans Jean de Florette) auquel dans un joli panoramique lui répond le silence du dposter2_20michelangelo_20antonioni_20professione_20reporter_20passenger_20dvd_20review_20_1_ésert.

A son retrour à l'hôtel, il se rend compte qu'un mystérieux compagnon de voyage ici pour business est mort, il décide sur un coup de tête de prendre son identité et de se lancer dans cette nouvelle vie... de trafiquant d'armes. Les premiers moments excitants passés à livrer des armes aux rebelles et à empocher l'argent, il se retrouve rapidement traqué (aussi bien par des membres du gouvernement du pays africain où il trafique que par son ex-femme qui cherche à contacter la dernière personne l'ayant vu vivant). Au hasard d'une rencontre, une jeune personne l'accompagnera au gré des routes espagnoles et s'il trouve quelques secondes fugaces de plaisir auprès d'elle, sa fuite en avant semble le perdre de plus en plus...

C'est du Antonioni... sublime dans la forme (le plan-séquence du début où David est filmé à la fois au "présent" et en "flash-back" est magnifique, comme toutes les scènes au début dans le désert qui illustrent son enlisement, moral et physique), dans l'agencement de l'histoire (si celle-ci, après tout, n'est pas l'essentiel, la façon dont certains éléments nous sont donnés peu à peu est du grand art)  et... ouais super lent, c'est pas Badlands, c'est encore plus becketien... En deux heures le personnage de Nicholson semble se dissoudre peu à peu et nous avec...

Si Antonioni ne s'attarde pas vraiment à nous donner certaines clés, à chacun de bien vouloir suivre la trace des personnages... Putain, décidément, rien est simple.

Posté par Shangols à 12:56 - - Commentaires [3] - Permalien [#]



Commentaires sur Profession : reporter (1975) de Michelangelo Antonioni

    Antonioni

    Je me demande ausi comment parler d'Antonioni à l'heure du blog (l'incommunica-débilité au service de millions d'abonnés), sans m'engoncer dans de ridicules pirouettes professorales et elitistes (Bah, de toutes façons je n'en ai pas envie, suis pas prof ni critique, juste fan).

    On retiendra donc, comme tu dis que les films d'Antonioni sont "juste beaux" et qu'il fait bon s'y perdre, que c'est tout simple et magique, et que c'est dommage que vous passiez à côté ! Si si, c'est tout simple.

    Bonne continuation !

    Posté par Zerkalo, 20 octobre 2006 à 14:20 | | Répondre
  • Sans voix (bis)

    Euh, je n'ai pas dit beau (bon sublime dans la forme, ok), ni simple (au contraire), ni forcément magique... déroutant si on veut, sans faire de mauvais jeux de mots, comme peut l'être une fuite en avant... il s'agit certes d'une critique plutôt lapidaire (blogaire j'en conviens... et ô combien réductrice...) mais n'hésitez pas à me faire part de votre vision pour me mettre sur la voie - j'avoue être passé encore plus à travers de son court -dans Eros-, mais cela doit aggraver mon cas...

    Posté par Shang, 20 octobre 2006 à 19:30 | | Répondre
  • Antonioni (re)

    Je me relis et constate que je n'ai pas été bien clair, mea culpa.

    Je trouve que tu as très bien trouvé "la voie" pour parler d'Antonioni, d'une moins une qui me plaît bien.

    Quand je disais" dommage que vous passiez-à coté", je ne parlais pas de toi mais du public en general qui catalogue un peu trop froidement cet auteur dans le registre intello. Dommage pour eux.

    Après, c'est vrai que ce n'est pas si simple que ça .... C'est du cinéma "pointu", c'est vrai.
    Mais le fait est que c'est également "bon de s'y perdre" dans ces méandres existentielles. Un plaisir sommes toutes très simple, à la portée du premier venu, me semble-t-il. D'où ma remarque qui a pu semblé un brin absconte.

    Au sujet de Eros ... j'avoue n'avoir pas du tout accroché, ni même reconnu Antonioni.

    Il y avait de bonnes choses dans "par delà les nuages" , je trouve, dans le coté pictural de certaines scénes et le charisme naturel des personnages. On le retrouvait un peu. De façon impressionniste.
    Mais c'est difficile de faire la part des choses avec tout le travail d'hommage de Wim Wenders.

    Posté par Zerkalo, 21 octobre 2006 à 04:00 | | Répondre
Nouveau commentaire