propositionposter_1_Musique et scénario signés Nick Cave, ce western (Southern?, Bushern?) de très bonne facture nous vient d'Australie et nous propose une plongée toute en violence et en poésie (oui, j'assume) mettant en scène les trois frères Burns que tout devrait réunir et que tout sépare.

La scène d'ouverture est digne du soldat Ryan lorsque Mickey (le faible) et Charlie (le strong) se retrouvent acculés dans une baraque par les forces de l'ordre. Les murs se retrouvent plus troués qu'un scénario de Lelouch et les deux hommes finissent par se rendre. Le capitaine, un super dur à cuire, passe un pacte avec Charlie: il garde Mickey en prison et il a neuf jours pour livrer son frère Arthur responsable d'une tuerie et d'un viol sanglant. Dilemme: soit il sauve Mickey qui risque la pendaison, soit il trahit Arthur qu'il vient justement d'abandonner pasqu'il abusait quand même. Le capitaine qui essaie de faire régner l'ordre est lui aussi dans une situation instable car le village se révolte peu à peu de ce pacte passé avec le diable.

La musique de Cave nous amène peu à peu à la découverte de ces grands espaces australiens et nous rappelle presque celle de Neil Young dans Dead Man (mais faut pas exagérer quand même), d'autant que Charlie, après avoir été transpercé par une lance, ressucite peu à peu. Il a un choix à faire. Les liens de sang contre ceux de la raison. Dans l'ultime scène, il se devra de prendre une décision. Entre-temps, même si le rythme tombe légèrement, qu'Hillcoat abuse des gros plans et des plans de coucher de soleil, on aura fait une belle balade dans cette contrée sauvage, comme dirait Johnny, qui contraste avec l'absurdité de la célébration de Noël chez le Capitaine et sa femme (Emily Watson, ça faisait un bail...): les blancs pourront-ils jamais s'adapter à ce nouveau monde sans tomber dans la bestialité, c'est la gentille question en filigrane du film. Porté par les acteurs, le film ricoche aussi loin qu'un Kangourou. (J'avais pas d'idée avec un Koala)