chinechaillot_chantdeminuit_0_1_Le mythe du Fantôme de l'opéra rencontre La Marseillaise.

L'ombre d'un homme attire toutes les nuits sur son balcon une femme quasiment sous hypnose (ou c'est un style de jeu original). Les paroles sont un mélange de Belle et de l'Hexagone et la voix du type un mix de Garou et Renaud (terrible). Et puis c'est le déluge forcément (j'invente rien) et une troupe de théâtre -au moins 50- déferle dans un hôtel - les plans s'enchaînent à vitesse grand V. Elle visite un mystérieux jardin avec un Qasimodo chinois en guide, des toiles d'araignées partout, des serpents, des rats... brrr, tout le monde se demande où il est tombé - nous, tout pareil. L'histoire qui s'en suit est super complexe alors accrochez-vous ou passez directement à la prochaine chronique, je vous aurais prévenus.

Le chanteur de la troupe (Sun) rencontre dans les combles la mystérieuse ombre drapée dans un vêtement noir (Song - original pour un type qui chante). Ce dernier lui raconte sa vie: voilà dix ans déjà, il était amoureux de Li, la fille du Seigneur, et un tyran local, jaloux, lui a jeté de l'acide citrique en plein visage [comme dirait mon ancien prof de physique "C'est super dangereux, Berthommier, cesse de jouer avec ta pipette sinon tu prends tes cliques et tes claques et la porte" - absoluyebangeshensm_1_ment rien à voir, c'est une référence perso]. Le type est super défiguré et après des semaines en momie, il se rend compte qu'il a la tête d'Elephant-Man avec un fond de Garcimore acnéen. Affreux. Il préfère passer pour mort auprès de sa douce et on le comprend. Elle est ravagée par le chagrin mais dix ans plus tard elle n'a pas pris une ride. Song donne une mission à Sun: pousser la chansonnette pour réconforter Li. Sun accepte, Li est aux anges, descend de son balcon pour rencontrer cet homme qu'elle semble confondre avec son amour passé. Bon. Sun, lui est amoureux de Ludie, une actrice de la troupe. Le scènario se répète, l'enfoiré de tyran refait son apparition et comme Ludie lui résiste, il la flingue alors qu'elle est dans les bras de Sun. S'en suit un combat de fou furieux, Song bondissant sur le tyran, combat fatal puisque celui-ci meurt défenestré. Une chasse à l'homme est organisée contre Song qui préfèrera se  jetter à l'eau plutôt que de mourir brûler dans une tour. A sa mort, Li sort de sa torpeur et tombe dans les bras de Sun -ça tombe bien, il est à nouveau libre- et les deux se promettent de lutter pour la liberté... Je suis mort.

On oscille entre le film d'horreur, les scènes de représentations au théâtre et le discours social, "à mort les tyrans et le capitalisme, ta mère". Tourné exclusivement dans une pénombre angoissante, Weibang s'exerce à quelques exercices de style, cadrant de travers pour évoquer la panique, accélérant légèrement les images de combat (ou c'est mon lecteur qui déconne). Ce film semble avoir marqué son époque et a donné lieu à de nombreux remakes et adaptations théâtrales. Je comprend maintenant le buzz sur Shanghai l'an dernier autour de la venue de la pièce. Des questions?