06 avril 2006

Chocolat (1988) de Claire Denis

mgd002215_1_Il faut tout d'abord saluer la superbe photo de Robert Alazraki (Le Père Noël est une Ordure... eh oui aussi) et surtout le sens du rythme lancinant mais jamais emmerdant de Claire Denis qui sait filmer l'Afrique comme rarement un Européen a su le faire. 

Ceci dit, on assiste à une histoire d'amour faite de non-dit entre la sublime Aimée (Giula Boschi) et son boy, Protée, (quel bel homme cet Isaach de Bankolé...) ainsi qu'à la complicité entre une petite fille, France (il y a un symbole?), et ce même Protée. Claire Denis prend le temps de nous monter par petites touches l'évolution des rapports qui se tissent entre ses personnages tout en restant d'un extrême pudeur. Même si elle parvient à glisser toutes une palette de personnages assez typiques de ce genre de situation (De l'aventurier paludique au français raciste qui couche avec sa bonne en passant par la pseudo bonne âme qui veut vivre comme les Africains et qui est le premier à se faire virer par Protée), son histoire reste un portrait plein de nuances et de chaleurs à l'image du mari d'Aimée (François Cluzet avant l'Instit, toujours excellent) fasciné et perdu dans ce paysage écrasant.

Tout comme cet Américain qui ramène France plusieurs années plus tard sur les traces de son pas1037_chocolat_1_sé et qui admet n'avoir jamais pu se faire accepter dans un pays qui n'est plus le sien, France hésite à revenir dans la maison de son enfance. La belle idée de Claire Denis étant finalement de faire l'impasse sur le retour sur les lieux-mêmes, comme si le passé était quelque chose sur lequel il était vain de revenir...  Protée apparait alors comme un symbole de l'Afrique, une entité qui est restée à la fois inaccessible à l'amour de la mère (patrie?) et à la compréhension de France (La magnifique dernière séquence des souvenirs où la petite France faisant confiance à Protée pose sa main sur un tuyau et se brûle (lui-même étant brûlé) est éloquent sur les rapports complexes existant entre les deux continents). Enfin bon, ce n'est jamais que ce que j'ai voulu y voir...

Posté par Shangols à 19:47 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Chocolat (1988) de Claire Denis

    chacun ses trucs, là...

    Il faut que je fasse un aveu public sur ce site, sinon c'est pas d'jeu : je n'aime pas Claire Denis. Oui, je sais, il paraît que c'est mal. Mais voilà, elle me fait doucement chier, et je ne comprends rien à ses films. Chocolat est un de mes pires souvenirs de cinéma... Voilà, je suis soulagé. maintenant, insultez-moi, ne lisez plus ce blog, moi j'ai fait mon taf.

    Posté par Bibice, 07 avril 2006 à 01:15 | | Répondre
  • Monsieur,c'est impressionnant que vous renouvelez votre site si fréquemment. Je n'ai pas regardé la pluspart des films que vous faites critiques ici, mais apparemment ils m'intéressent...
    Bonne jourée...

    Posté par Tatiana, 07 avril 2006 à 07:35 | | Répondre
  • J'en reprenderais bien un carré

    Si, j'avoue mon incompréhension définitive de Troube every day, j'avoue mon attachement pour Vendredi soir, film quasi muet que d'autres préfèreront voir en accéléré. Pas vu encore l'Intrus qui s'annonce péchu mais j'ai un bon souvenir de Nenette et Boni même si cela fait un bail. Et ben mon Bibice, pourquoi cette colère!!! Tatiana, sinon au plaisir.

    Posté par Proutouie, 07 avril 2006 à 09:02 | | Répondre
  • Oulà !

    Loin de moi toute velleité de colère, ami ! Non, non, juste une désolation personnelle de constater que je n'arrive pas à accrocher à une cinéaste considérée comme une des plus importantes actuellement. J'imagine que si certains cinéphiles viennent sur ce site, ils vont me polluer d'insultes pour cette affirmation. Mais point en colère, non non...

    Posté par Bibice, 07 avril 2006 à 14:11 | | Répondre
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