_1949_20rendez_vous_20de_20juillet_20_fra__1_Ce qui est le plus étonnant dans ce film de 1949 c'est qu'il n'a pas vieilli (moins que l'affiche en tout cas). Comme le dit la bande annonce d'une voix cruciale et qui fout les boules "portrait de la jeunesse méconnue et décriée" dans des "temps âpres et difficiles", Rendez vous de Juillet est avant tout la volonté de montrer "nos amis les jeunes" de l'époque. Et l'on pense aux Cousins, non pas tant, au final, dans le fond car ici on est en pleine bourre optimiste (Daniel Gelin, le héros, passe quand même tout le film à préparer une expédition au Congo pour filmer les pygmées) mais plutôt dans la forme car 10 ans avant le début de la Nouvelle Vague, il y a une  fraîcheur dans ce film vraiment étonnante.

On suit donc une bande de jeunes qui en chient un peu -le CPE n'existait pas encore- la plupart ayant fait des études artistiques (en ciné et théâtre) mais chacun vivant d'excipients, on joue de la trompette, on répart des postes de TSF. Beaucoup de plans en extérieur dans ce Paris qui semble pas mal se porter et cela nous vaut une très jolie scène où "nos amies les jeunes" traversent la scène dans une voiture amphibie américaine. Une Amérique dont on sent forcément déjà l'influence avec l'ap1949_20rendez_vous_20de_20juillet_20_foto__2003_1_parition du Jazz et de danses très Rock'n'Roll. Yeah. Mais le discours de Daniel Gélin, figure charismatique de la bande parmi tous ces apprentis acteurs, qui exhorte tout le monde à aller jusqu'au bout de ses ambitions, de ses rêves est le véritable symbole de cette génération: "la plupart de nos aînés sont dans le trou, on ne va pas aussi s'enterrer" ; même si en amour il connaît sa première désillusion (normal il est amoureux d'une blonde, une vraie oie) on sent dans son regard, s'envolant pour l'Afrique, qu'il aura sa revanche - dans La Vie est un long Fleuve Tranquille on verra bien que lui aussi en est revenu.

Prix Louis Delluc en 1949 qui, comme bien souvent, n'est pas volé.