sans_titre1Djomeh est une jolie petite histoire, qui fleure bon le "Cinéma du Monde" qu'on adore dans les ciné-clubs d'associations de retraités. Un jeune afghan qui a fui son pays à cause d'un amour impossible se retrouve en Iran, travaille comme vacher avec un vague cousin, et tombe amoureux d'une épicière. Voilà, pas plus. Ca peut suffire pour faire un beau film, hein, je ne dis pas. Mais honnêtement, il y a peu de cinéma là-dedans. Reconnaissons une bonne idée : le no man's land qui sépare la ferme du village, et que notre anti-héros voit comme un cabinet de psy. Il traverse ce paysage à bord d'une voiture (décidément, les voitures dans le cinéma iranien, il y aurait une thèse à écrire), et se confie à son employeur. Dans cette simplicité de décor et de filmage (champs/contre-champs qui montrent bien les "états" des personnages), dans ces suspensions de l'action (euh, oui, l'action dans ce film, ça se résume à une chute de vélo et un oeuf cassé), on découvre quelque chose d'intéressant, de profond presque, d'assez enfantin tout en étant très respectueux des acteurs et de l'intimité d'un dialogue. A part ça, pas grand-chose. Oh ce n'est pas un mauvais film, ça n'a rien d'antipathyque. Ca se suit avec juste ce qu'il faut d'ennui pour justifier le label "je me tape un film art et essai", on découvre des paysages de village hallucinants, on apprend comment on file des médicaments aux vaches (ça donne des idées pour un Van Damme contre Godzilla), on prend conscience que se marier en Iran, c'est chaud... Etouffons donc un bâillement poli, sourions avec bienveillance, et laissons ce petit truc se faire doucement oublier.