Plus pointu ça va être chaud. image002_1_Cet excellent film muet chinois est, dans sa version originale, présenté avec des inter-titres en français (le film ayant été distribué en France et programmé au Studio 28...) ! Et oui, comme quoi le rayonnement de notre langue n’est plus ce qu’il était…

 

Bon disons le franchement c’est énorme et ça faisait longtemps que je ne m'étais pas autant marré devant un film.

 

L’histoire est assez simple puisqu’il s’agit d’un étudiant chinois qui rencontre dans un temple où il est pour étudier la fille du dernier premier ministre. Elle est toute mignonne avec tous ses trucs qui pendouillent dans les cheveux et face au regard insistant du jeune homme, elle se cache derrière son éventail. Rien que ça, déjà, c’est mignon. Juste avant de partir elle lui lance un regard de la mort qui ferait tomber plus d’un homme. On la retrouve lorsqu’elle coud et le visage du jeune homme est en surimpression sur son canevas, on ne sait si elle veut lui planter des épingles ou si elle pense à lui – on penche plutôt pour la deuxième version. Leur amour s’annonce tout de même a priori impossible en raison de leur différence de rang.

 

Mais un méchant général, ayant vent de la présence de la belle jeune fille,  décide d’attaquer le temple avec au moins 3000 soldats (c’est environ le nombre de figurants que l’on voit) et son armée qui se marche au pas à un rythme effréné ressemble véritablement à une colonne de fourmis. Il y a un type qui montre sa dextérité et sa force avec son bout de bois et il s’agite tellement qu’il sort plusieurs fois du cadre, c’est à mourir.

 

Le méchant va au temple et demande qu’on lui amène la jeune fille. Comment les moines vont-ils résister face à cette horde? Un moine complétement déchainé – il se frappe même sur la tête avec la baguette du gong…- avertit  le moine en chef de l’arrivée des méchants. Celui-ci n’hésite pas un instant, va voir la jeune fille et lui demande de se livrer sinon il brûle le temple et massacre tout le monde. On se dit qu’il est petit quand même. La mère, elle, promet la main de la jeune fille à celui qui la sauvera. Ca tombe plutôt pas mal parce que l’étudiant à un ami, le chevalier blanc, qui a une petite armée de 10 000 hommes pas loin. Il demande au méchant trois jours de break, le temps pour la fille de faire les sacrifices adequats pour son père défunt : sinon ça va lui porter malheur… Pas idiot ! Reste à envoyer le message au chevalier blanc et à braver les soldats amassés devant le temple : survient alors un moine furieux qui, dès sa sortie du temple, se coltine 50 types sur le poil ; il en blesse un avec un coup de baton et on comprend, dans la scène suivante, qu’il a réussi sa mission. S’ensuit un combat de fou furieux entre les 2 chefs et les deux troupes et on se dit qu’il y a dû y avoir de vrais blessés. Les blancs gagnent, le chef noir est défait et meurt.

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On retrouve notre étudiant qui rêve de la jeune fille. Celle-ci apparaît alors en vrai, il se réveille… mais le chef des noirs revient (on se dit qu’on a dû louper un carton). Il met, en deux coups de bâton, l’étudiant minable et enlève la jeune fille. Ce dernier réfléchit, prend un stylo qui se transforme en immense pinceau (Harry Potter n'a rien inventé avec son balai magique...) et vole pour rattrapper le méchant à cheval (ça part un peu en bande et on se dit que le Chinois en 1927 devait pas être le dernier pour la déconne). L’étudiant qui ne sait pas se battre, faut l’avouer, met le balai dans la tête du méchant et l’assomme.

 

Et là !!! il se réveille à nouveau (un rêve dans le rêve moi je dis que ce doit être pas loin d’être le premier au cinéma)… Il doit encore aller passer ses exams  sur la capitale et quand il revient il retrouve la jeune fille… Scène d’un romantisme terrible - notre couple en ombre chinoise, cela ne s'invente - et on nous balance malheureusement le carton noir de fin avec « slut » écrit dessus (à la place de shut ???) (?).

 

Ah là là, que du bonheur, je crois que je vais trouver un moyen malhonnête pour faire cours dessus demain.