Le nouveau Monde (The new World) de Terrence Malick - 2006
C'est bien ce blog : on passe sans transition de Kiarostami à Harry Potter, et d'icelui à Bergman... Rien à dire, éclectique et nécessaire. Parenthèse refermée.
The new World : pas touché, pas ému par ce film, que visiblement il était pourtant de bon ton d'attendre avec impatience. Tout ça part très bien, une première demie-heure lumineuse, très douce et fragile, qui tient grâce à cette sublime musique (Mozart, Wagner, quand même) toujours surprenante là où elle est placée. Grâce aussi à la magie de ces gestes simples que Malick n'explique pas. Grâce au jeu des acteurs, Colin Farrell remonte un peu dans mon estime. Grâce à ce travail sur les accents aussi, très beau. Quelques paysages assez splendides, il faut le reconnaître, même si les hautes herbes vont finir par devenir un tic de langage chez Malick après Thin Red Line.
Ensuite, tout se gâte. Le gars a sûrement lu toute la doc sur Pocahontas, et feuilleté très scolairement un abrégé de la pensée de Rousseau illustrée, rien à dire, c'est du bon travail... mais il n'empêche qu'on a du mal à croire à une telle naïveté, et on se dit que les "native americans" étaient peut-être un chouille plus épais que ces personnages sans âme, gentils comme des Bisounours, qui feraient passer Bambi pour Mussolini. Et son jardin d'Eden a tendance à puer un peu des pieds. Ce qui rendait Pocahontas émouvante au début (sa naïveté, ses gamineries), finit par la faire apparaître trop simplette, limite débile légère. La faute à cette actrice insipide qui ne sait que sourire bêtement. Je suis peut-être pour Malick un gros con de civilisé qui n'a rien compris à la beauté d'une feuille d'arbre, je maintiens que ma définition du bonheur est assez loin des sauts à la con dans l'herbe. Ninetto Davoli, dans les Pasolini (Uccellacci e Uccellini, un chef-d'oeuvre), atteignait une dimension humaine et amère dans la simplicité de l'enfance. Ici, que de la curiosité de vieillard pour une jeune fille légère. Toujours eu un peu de mal avec les rôles de simplets (L'arc, The Piano, etc.)
Malick passe tranquillement à côté du vrai sujet, qui aurait pu donner une réelle puissance à son film, mais qu'on n'entrevoit qu'à une ou deux reprises : le passage de l'enfance à l'âge adulte, l'apprentissage de la vie moderne.
Une symbolique très lourde (ah les cheveux de Poca pris dans un filet, ah le raton laveur enfermé dans une cage, ah les mousquets contre les tomawhaks!), un maquillage outrancier (les bubons sur les visages des enfants "civilisés", c'est pas un poil trop ?) et un jeu de lumières sans subtilité (gris métal pour les Anglais, vert prairie pour les Indiens) vient alourdir le reste. On s'ennuie mollement, sans plus, c'est insipide et assez creux. Un peu comme si on n'écoutait que la face B de Meddle des Pink Floyd. Si le paradis ressemble à ça, je préfère y renoncer et me vautrer dans le stupre de la modernité mondialisée.
Commentaires sur Le nouveau Monde (The new World) de Terrence Malick - 2006
- Errance Malick ?J'ai vu récemment la "version longue", occasion de donner une seconde chance à ce film qu'une première vision m'avait laissé pour le moins perplexe. Et bien j'ai vraiment pas été emballé

Ce qui m'a le plus gêné, ce sont les séquences hachées menus (6.7 s en moyenne par plan dixit IMDB). Difficile d'entrer dans la contemplation avec ces coupes qui donne un effet stroboscopique.
Par ailleurs, avant le tournage, des règles avaient été fixées (j'ai la flemme de traduire) :
1) No artificial lights. All is shot in natural light.
2) No crane or dolly shots, just handheld or Steadicam shots.
3) Everything is shot in the subjective view.
4) All shots must be 'deep-focus shots', that is everything (foreground and background) is visible and focused.
5) You (the camera crew) are encouraged to go and shoot unexpected things that might happen in accident or if your instinct tells you so.
6) Selective shots: any shot that does not have visual strength is not used.
C'est peut être pas étranger à la nature du produit fini : un collage de séquences, certes chiadés, mais chiantes. - Enorme respect mais...Le Malick est un demi-dieu pour tout cinéphile qui se respecte de Badlands à la Ligne Rouge en passant par les Moissons du Ciel (réussir un chef-d'oeuvre avec Richard Gere, une gageure) mais j'avoue une déception à la hauteur de l'attente pour cette version un peu Okavango (oui c'est exagéré, désolé) de la découverte de ce Nouveau Monde. C'est sévère mais dans l'ensemble les critiques se sont aplatis plus pour le principe que pour les qualités du film. Enfin, c'est mon avis, maintenant...

- Enfonçage de clouEt je suis d'accord avec mon copain Shang. Il ne me semble pas avoir dit trop de bêtises sur ce film fadasse. Et puis ce blog exprime NOS opinions, absolument personnelles et qui n'engagent que nous. Et puis un grand cinéaste peut se planter. Et puis les statues sont faites pour être déboulonnées.

- vous fâchez pas les gars!y a que quand même on peut pas dire ça : "Ici, que de la curiosité de vieillard pour une jeune fille légère" pour le nouveau monde de TM, ce type est une bibliothèque sur pattes qui a parcourue le monde, c'est énoOorme ce qu'il a accumulé, yaka jeter un oeil sur cadrage.net, bien que je ne sois pas du tout fan de ce site hein, pour savoir ce que l'on aurait pu voir dans ce ciné,tiens, qui ne vaut pas une face B de meddle. Sur ce, au plaisir les gars, et bravo pour votre esprit de groupe

- Loin de nousMais non, on se fâche pas, on se défend ! Que ceci soit dit : j'en ai STRICTEMENT rien à fiche de la documentation hyper-pointue du gars. Ce que je vois, c'est le film. Je ne conteste absolument pas la véracité des faits. Mais j'insiste : ce que j'ai vu, c'est une fille de 16 ans simplette qui se roule dans l'herbe, et un vieillard qui la filme en espérantq ue c'est ça la sagesse. Je caricature un peu, mais ça n'est pas du tout ma vision du paradis. Et peu importe si ce sont des faits réels.

Quant à notre solidarité inter-auteurs, elle est pas toujours vérifiée : va voir les articles sur Babel ou sur Crustacés et Coquillages, parfois ça frite ! Eheh
Longue vie à toi. - j'irai j'irai sur babelmais rien que pour voir de quoi il en retourne, parce que moi pas people pour un rond, m'en fous un peu des querelles de famille. maintenant pour ce qui est du malick, je reste persuadé que ce type veut nous faire comprendre que nos sociétés occidentales marchent sur la tête, pour bien faudrait tout reprendre au commencement ou alors suivre les principes d'emerson. Fin du débat non ? Longue vie à moi, thx, encore que pour ca, il me faudrait qques lecteurs, j'ai bien dit lecteurs, parske les commentateurs j'y pense même plus - à tout de suite sur lub








