Gfinding_20forresterus van Sant construit depuis toujours une oeuvre, les enfants. Et c'est vraiment étrange qu'on hurle au génie sur Gerry ou Elephant (qui sont des putains de chefs d'oeuvre, entendons-nous bien), et pas sur Will Hunting ou le magnifique Finding Forrester.

On croit qu'on va assister au énième film sur le gamin qui sort de sa zone pour monter les échelons, voire à un discours moralisateur et passable sur l'écriture. Mais le sujet est bien loin de tout ça. On assiste simplement à une réflexion vraiment profonde, bien que formelle, sur le contact, sur les corps, sur les "hommes entre eux". Un manifeste pour l'importance du physique par rapport à l'intellect.

Et bien sûr, c'est aussi un film sur le contact homo. Les scènes de basket, c'est bien simple, on dirait du Chéreau. Quand est-ce que quelqu'un sera assez intelligent pour passer à Van Sant une commande d'un film sur le sport? Van Sant est un cinéaste physique, qui fait passer ses soucis esthétiques avant tout par le corps, le mouvement, la danse, le contact, le choc. Le sujet du film n'est pas du tout l'écriture, pas du tout les rapports de la banlieue avec l'élite, pas du tout la transmission inter-générationnelle, pas du tout la difficulté d'être noir dans un monde de blancs... Le sujet, c'est comment reconnaitre sa part d'être physique, comment affronter les autres corps, comment réussir à ne pas s'isoler, à ne pas couper le contact?

Les scènes sont énormes, pratiquement toutes (avec une baisse de régime sur la fin, ok). Et c'est loin d'être le film le moins formel du gars Van Sant. Au contraire : la caméra est vraiment virtuose, de façon moins voyante que dans la trilogie récente, mais c'est un pur plaisir de la voir au plus près des souffles, des gens, des gestes.

Putain, et un truc important quand même : Sean Connery est bon...